Maths & NSI

Terminale

Arithmétique (spécialité Mathématiques Expertes)

Chapitre optionnel — Mathématiques Expertes. Ce chapitre couvre le thème « Arithmétique » du programme de l'enseignement optionnel Mathématiques Expertes, proposé en Terminale uniquement aux élèves qui suivent déjà la spécialité Mathématiques et qui choisissent, en plus, cette option (3 heures hebdomadaires supplémentaires). Il est entièrement distinct du tronc commun de la spécialité Mathématiques, déjà couvert par tous les autres chapitres de Terminale de ce site (suites, fonctions, probabilités, géométrie dans l'espace, etc.). Si vous ne suivez pas l'option Mathématiques Expertes, ce chapitre ne vous concerne pas : il n'est pas nécessaire pour réussir l'épreuve de spécialité Mathématiques du baccalauréat.

Au programme de ce chapitre : la divisibilité dans Z\mathbb{Z} et la division euclidienne, le PGCD et l'algorithme d'Euclide, les nombres premiers, et les congruences dans Z\mathbb{Z} — les fondations de l'arithmétique, un domaine central de l'option Mathématiques Expertes.

Divisibilité et division euclidienne dans ℤ

Diviseurs et multiples

Soit aa et bb deux entiers relatifs. On dit que aa divise bb (ou que bb est divisible par aa, ou encore que bb est un multiple de aa) s'il existe un entier relatif kk tel que :

b=kab = ka

On note alors a∣ba \mid b (« aa divise bb »).

Exemple. 45=(−9)×(−5)45 = (-9) \times (-5), donc −9-9 divise 4545 : on note −9∣45-9 \mid 45.

Remarques.

  • 00 est un multiple de tout entier aa, car 0=a×00 = a \times 0.
  • 11 divise tout entier aa, car a=1×aa = 1 \times a ; et tout entier divise 00.
  • Si bb divise aa et a≠0a \neq 0, alors ∣b∣⩽∣a∣|b| \leqslant |a|.
  • Si a∣ba \mid b et b∣ab \mid a, alors a=ba = b ou a=−ba = -b.
  • L'ensemble des multiples d'un entier nn se note nZn\mathbb{Z}. Par exemple 6Z={…,−12,−6,0,6,12,…}6\mathbb{Z} = \{\ldots, -12, -6, 0, 6, 12, \ldots\}.
  • L'ensemble des diviseurs (positifs et négatifs) de 66 est {−6,−3,−2,−1,1,2,3,6}\{-6, -3, -2, -1, 1, 2, 3, 6\}.

Propriétés de la divisibilité

Propriété (signes). Pour a,b∈Za, b \in \mathbb{Z} avec b≠0b \neq 0 :

b∣a  ⟺  (−b)∣a  ⟺  b∣(−a)  ⟺  (−b)∣(−a)b \mid a \iff (-b) \mid a \iff b \mid (-a) \iff (-b) \mid (-a)

Propriété (transitivité). Si a∣ba \mid b et b∣cb \mid c, alors a∣ca \mid c.

Démonstration. Si a∣ba \mid b et b∣cb \mid c, il existe k,k′∈Zk, k' \in \mathbb{Z} tels que b=kab = ka et c=k′bc = k'b. Donc c=k′ka=(kk′)ac = k'ka = (kk')a : en posant l=kk′l = kk', on a c=lac = la, donc a∣ca \mid c.

Propriété (combinaison linéaire). Soit a,b,ca, b, c des entiers relatifs non nuls. Si a∣ba \mid b et a∣ca \mid c, alors aa divise toute combinaison linéaire de bb et cc :

il existe (α,β)∈Z2 tel que a∣(αb+βc)\text{il existe } (\alpha, \beta) \in \mathbb{Z}^2 \text{ tel que } a \mid (\alpha b + \beta c)

Démonstration. Il existe k,k′∈Zk, k' \in \mathbb{Z} tels que b=kab = ka et c=k′ac = k'a, donc αb+βc=(αk+βk′)a\alpha b + \beta c = (\alpha k + \beta k')a, ce qui prouve que a∣(αb+βc)a \mid (\alpha b + \beta c).

Conséquence immédiate. Si un entier NN divise deux entiers consécutifs nn et n+1n+1, alors NN divise (n+1)−n=1(n+1) - n = 1, donc N=1N = 1 ou N=−1N = -1.

Méthode : utiliser une combinaison linéaire pour résoudre un problème de divisibilité.

Déterminons les entiers relatifs nn tels que (2n+5)(2n+5) divise (n−1)(n-1).

On a toujours (2n+5)∣(2n+5)(2n+5) \mid (2n+5). Si de plus (2n+5)∣(n−1)(2n+5) \mid (n-1), alors par combinaison linéaire :

(2n+5)∣(−2(n−1)+(2n+5))  ⟺  (2n+5)∣7(2n+5) \mid \big(-2(n-1) + (2n+5)\big) \iff (2n+5) \mid 7

Les diviseurs de 77 sont −7,−1,1,7-7, -1, 1, 7, ce qui donne n∈{−6,−3,−2,1}n \in \{-6, -3, -2, 1\}.

Attention : cette condition est nécessaire mais pas automatiquement suffisante — il faut vérifier la réciproque pour chaque valeur trouvée. En remplaçant, on vérifie que (2n+5)∣(n−1)(2n+5) \mid (n-1) est bien vraie pour chacune de ces quatre valeurs (par exemple pour n=−6n=-6 : 2n+5=−72n+5=-7 et n−1=−7n-1=-7, et −7∣−7-7 \mid -7). Les solutions sont donc exactement n∈{−6,−3,−2,1}n \in \{-6, -3, -2, 1\}.

Division euclidienne dans Z\mathbb{Z}

Théorème. Soit aa un entier relatif et bb un entier naturel non nul. Il existe un unique couple d'entiers (q,r)(q, r) tel que :

a=bq+ret0⩽r<ba = bq + r \quad \text{et} \quad 0 \leqslant r < b

qq est le quotient et rr le reste de la division euclidienne de aa par bb.

Exemple. 412=15×27+7412 = 15 \times 27 + 7 : dans la division euclidienne de 412412 par 1515, le quotient est 2727 et le reste 77.

Remarque. b∣ab \mid a si, et seulement si, le reste de la division euclidienne de aa par bb est nul.

Cas d'un dividende négatif. Pour déterminer la division euclidienne d'un entier négatif, on part de la division euclidienne de sa valeur absolue puis on ajuste pour que le reste reste positif ou nul.

Exemple. Déterminons quotient et reste de la division de −1000-1000 par 1313. On a 1000=13×76+121000 = 13 \times 76 + 12. Donc −1000=13×(−76)−12=13×(−76)−13+13−12=13×(−77)+1-1000 = 13 \times (-76) - 12 = 13 \times (-76) - 13 + 13 - 12 = 13 \times (-77) + 1. Comme 0⩽1<130 \leqslant 1 < 13, le quotient de −1000-1000 par 1313 est −77-77 et le reste est 11.

Écriture d'un entier selon son reste

Propriété. Soit b⩾2b \geqslant 2 un entier. Tout entier aa s'écrit sous une, et une seule, des formes bq,bq+1,bq+2,…,bq+(b−1)bq, bq+1, bq+2, \ldots, bq+(b-1), où qq est un entier relatif (c'est une reformulation directe de la division euclidienne, avec r∈{0,1,…,b−1}r \in \{0, 1, \ldots, b-1\}).

Méthode : raisonner par disjonction des cas.

Montrons que pour tout entier naturel nn, le nombre A=n(n−2)(n+2)A = n(n-2)(n+2) est un multiple de 33.

Tout entier nn s'écrit sous l'une des trois formes 3k3k, 3k+13k+1 ou 3k+23k+2 (avec kk entier naturel). On étudie chaque cas :

  • Si n=3kn = 3k : A=3k(3k−2)(3k+2)A = 3k(3k-2)(3k+2), qui est bien un multiple de 33.
  • Si n=3k+1n = 3k+1 : A=(3k+1)(3k−1)(3k+3)=3(3k+1)(3k−1)(k+1)A = (3k+1)(3k-1)(3k+3) = 3(3k+1)(3k-1)(k+1), multiple de 33.
  • Si n=3k+2n = 3k+2 : A=(3k+2)(3k)(3k+4)A = (3k+2)(3k)(3k+4), multiple de 33 (facteur 3k3k).

Dans tous les cas, AA est un multiple de 33.

Exercice — Nombre de diviseurs d'un entier et carrés parfaits
  1. Dresser la liste des diviseurs positifs de 3636, puis de 4040. Que remarque-t-on sur le nombre de diviseurs de chacun ?

  2. Soit nn un entier naturel non nul. Pour tout diviseur positif dd de nn, l'entier nd\dfrac{n}{d} est lui aussi un diviseur positif de nn.

    a. Expliquer pourquoi, lorsque d≠ndd \neq \dfrac{n}{d}, les diviseurs de nn peuvent être regroupés deux par deux en paires {d ; nd}\left\{d \, ; \, \dfrac{n}{d}\right\}.

    b. En déduire que si nn n'est pas un carré parfait, il possède un nombre pair de diviseurs positifs.

    c. Que se passe-t-il si nn est un carré parfait ? Conclure : nn est un carré parfait si, et seulement si, il possède un nombre impair de diviseurs positifs.

Exercice — Résoudre un problème de divisibilité par combinaison linéaire

On cherche les entiers relatifs nn tels que (2n+3)(2n+3) divise (n−4)(n-4).

  1. On suppose que (2n+3)∣(n−4)(2n+3) \mid (n-4). En utilisant la propriété de combinaison linéaire, montrer que (2n+3)(2n+3) divise alors 1111 (on pourra calculer 2(n−4)−(2n+3)2(n-4)-(2n+3)).
  2. En déduire les valeurs entières possibles de (2n+3)(2n+3), puis les valeurs entières correspondantes de nn.
  3. Vérifier, pour chacune des valeurs de nn trouvées, que (2n+3)(2n+3) divise bien (n−4)(n-4), et conclure.
Exercice — Démontrer une divisibilité par disjonction de cas modulo 4

On veut démontrer que, pour tout entier naturel impair nn, le nombre n2−1n^2-1 est divisible par 88.

  1. Justifier que tout entier naturel impair nn s'écrit sous l'une des deux formes n=4k+1n=4k+1 ou n=4k+3n=4k+3, où kk est un entier naturel.
  2. En raisonnant par disjonction de ces deux cas, démontrer que n2−1n^2-1 est divisible par 88.
  3. Vérifier ce résultat pour n=7n=7 et pour n=9n=9.

QCM — Divisibilité et division euclidienne

1. Que signifie l'écriture a∣ba \mid b pour deux entiers relatifs aa et bb ?
2. Quel est le quotient et le reste de la division euclidienne de −47-47 par 66 ?
3. Déterminer l'ensemble des entiers relatifs nn tels que (n+3)(n+3) divise (2n+1)(2n+1).

PGCD, algorithme d'Euclide et nombres premiers

PGCD de deux entiers

Définition. Soit aa et bb deux entiers relatifs non tous les deux nuls. Le plus grand commun diviseur de aa et bb, noté PGCD(a,b)\text{PGCD}(a,b), est le plus grand des diviseurs communs (positifs) à aa et bb.

Cette notion prolonge directement la divisibilité étudiée dans la notion précédente : l'ensemble des diviseurs communs à aa et bb est exactement l'ensemble des diviseurs de PGCD(a,b)\text{PGCD}(a,b).

Algorithme d'Euclide

Propriété. Soit aa un entier relatif et bb un entier naturel non nul. Si a=bq+ra = bq + r est la division euclidienne de aa par bb, alors :

PGCD(a,b)=PGCD(b,r)\text{PGCD}(a,b) = \text{PGCD}(b,r)

Idée de la démonstration. La relation a=bq+ra = bq+r, c'est-à-dire r=a−bqr = a - bq, exprime rr comme combinaison linéaire de aa et bb (voir la notion précédente) : tout diviseur commun à aa et bb divise donc aussi rr, et réciproquement tout diviseur commun à bb et rr divise a=bq+ra = bq + r. Les couples (a,b)(a,b) et (b,r)(b,r) ont donc exactement les mêmes diviseurs communs, donc le même PGCD.

Algorithme. On effectue des divisions euclidiennes en cascade : on divise aa par bb, puis bb par le reste obtenu, puis ce reste par le reste suivant, etc., jusqu'à obtenir un reste nul. Le PGCD de aa et bb est alors le dernier reste non nul.

Exemple. Calculons PGCD(198,84)\text{PGCD}(198, 84) :

198=2×84+30198 = 2 \times 84 + 30 84=2×30+2484 = 2 \times 30 + 24 30=1×24+630 = 1 \times 24 + 6 24=4×6+024 = 4 \times 6 + 0

Le dernier reste non nul est 66, donc PGCD(198,84)=6\text{PGCD}(198, 84) = 6.

Nombres premiers entre eux

Définition. Deux entiers relatifs aa et bb, non tous deux nuls, sont dits premiers entre eux si PGCD(a,b)=1\text{PGCD}(a,b) = 1, c'est-à-dire si leur seul diviseur positif commun est 11.

Exemple. PGCD(14,15)=1\text{PGCD}(14,15) = 1 (algorithme d'Euclide : 15=1×14+115 = 1 \times 14 + 1 puis 14=14×1+014 = 14 \times 1 + 0) : 1414 et 1515 sont premiers entre eux. Attention à ne pas confondre avec la notion de nombre premier : ni 14=2×714 = 2\times7 ni 15=3×515 = 3\times5 n'est un nombre premier, mais le couple (14,15)(14,15) est bien premier entre eux.

Théorème de Bézout

Théorème (Bézout). Soit aa et bb deux entiers relatifs non tous deux nuls. Il existe un couple d'entiers relatifs (u,v)∈Z2(u,v) \in \mathbb{Z}^2 tel que :

au+bv=PGCD(a,b)au + bv = \text{PGCD}(a,b)

Idée de la démonstration. On raisonne à partir de l'algorithme d'Euclide appliqué à (a,b)(a,b) : à chaque étape, le reste obtenu s'écrit comme combinaison linéaire des deux termes de l'étape précédente (la relation r=a−bqr = a - bq déjà utilisée pour justifier PGCD(a,b)=PGCD(b,r)\text{PGCD}(a,b) = \text{PGCD}(b,r)). En remontant ainsi l'algorithme étape par étape, depuis le dernier reste non nul jusqu'aux termes de départ aa et bb, on exprime finalement PGCD(a,b)\text{PGCD}(a,b) comme une combinaison au+bvau+bv — c'est la méthode dite de l'algorithme d'Euclide étendu, illustrée ci-dessous.

Corollaire (caractérisation des entiers premiers entre eux). Deux entiers relatifs aa et bb sont premiers entre eux si, et seulement si, il existe (u,v)∈Z2(u,v) \in \mathbb{Z}^2 tel que :

au+bv=1au + bv = 1

Démonstration. Si PGCD(a,b)=1\text{PGCD}(a,b)=1, le théorème de Bézout donne directement un couple (u,v)(u,v) tel que au+bv=1au+bv=1. Réciproquement, si un tel couple existe, tout diviseur commun dd à aa et bb divise au+bv=1au+bv=1 (propriété de combinaison linéaire) : donc d=1d=1, et PGCD(a,b)=1\text{PGCD}(a,b)=1.

Méthode : trouver un couple de Bézout par remontée de l'algorithme d'Euclide.

Reprenons PGCD(198,84)=6\text{PGCD}(198,84)=6, calculé plus haut :

198=2×84+3084=2×30+2430=1×24+624=4×6+0198 = 2 \times 84 + 30 \qquad 84 = 2 \times 30 + 24 \qquad 30 = 1 \times 24 + 6 \qquad 24 = 4 \times 6 + 0

On remonte l'algorithme à partir de l'avant-dernière ligne, en isolant à chaque fois le reste :

6=30−1×246 = 30 - 1 \times 24

En remplaçant 24=84−2×3024 = 84 - 2\times 30 :

6=30−(84−2×30)=3×30−846 = 30 - (84 - 2\times30) = 3\times30 - 84

En remplaçant enfin 30=198−2×8430 = 198 - 2\times84 :

6=3×(198−2×84)−84=3×198−7×846 = 3\times(198-2\times84) - 84 = 3\times198 - 7\times84

On obtient 198×3+84×(−7)=6198 \times 3 + 84 \times(-7) = 6. Vérification par substitution directe : 3×198=5943\times198 = 594 et 7×84=5887\times84=588, donc 594−588=6594-588=6 : le couple (u,v)=(3,−7)(u,v)=(3,-7) convient bien.

Remarque (culture mathématique). Cette technique de remontée porte le nom d'algorithme d'Euclide étendu ; son usage pour résoudre au+bv=PGCD(a,b)au+bv=\text{PGCD}(a,b) remonte à Bachet de Méziriac (1612), avant d'être formalisé par Bézout (1766) — d'où le nom donné aujourd'hui au théorème.

Théorème de Gauss

Théorème (Gauss). Soit a,b,ca, b, c trois entiers relatifs. Si aa divise bcbc et si aa est premier avec bb (c'est-à-dire PGCD(a,b)=1\text{PGCD}(a,b)=1), alors aa divise cc.

Démonstration. Comme aa et bb sont premiers entre eux, le corollaire du théorème de Bézout donne des entiers u,vu,v tels que au+bv=1au+bv=1. En multipliant par cc :

auc+bvc=cauc + bvc = c

Le terme aucauc est multiple de aa. Comme a∣bca \mid bc, il existe kk tel que bc=akbc=ak, donc bvc=v(bc)=v(ak)=a(vk)bvc = v(bc) = v(ak) = a(vk) est aussi multiple de aa. La somme auc+bvcauc+bvc est donc multiple de aa, c'est-à-dire a∣ca \mid c.

Exemple. Montrons que si 12∣7n12 \mid 7n pour un entier nn, alors 12∣n12 \mid n. On vérifie d'abord que 1212 et 77 sont premiers entre eux (algorithme d'Euclide : 12=1×7+512=1\times7+5, 7=1×5+27=1\times5+2, 5=2×2+15=2\times2+1, 2=2×1+02=2\times1+0, dernier reste non nul 11). Le théorème de Gauss, appliqué avec a=12a=12, b=7b=7, c=nc=n, donne alors directement 12∣n12 \mid n.

Équations diophantiennes linéaires ax+by=cax+by=c

On appelle équation diophantienne une équation dont on cherche les solutions entières. On s'intéresse ici aux équations ax+by=cax+by=c, d'inconnues (x,y)∈Z2(x,y) \in \mathbb{Z}^2, où a,b,ca, b, c sont des entiers relatifs donnés avec (a,b)≠(0,0)(a,b) \neq (0,0).

Propriété (existence de solutions). Soit d=PGCD(a,b)d = \text{PGCD}(a,b). L'équation ax+by=cax+by=c admet des solutions entières si, et seulement si, dd divise cc.

Démonstration. Si (x,y)(x,y) est solution, dd divise aa et bb, donc dd divise ax+by=cax+by=c. Réciproquement, si d∣cd \mid c, on écrit c=dkc=dk ; le théorème de Bézout donne (u,v)(u,v) tels que au+bv=dau+bv=d, donc a(ku)+b(kv)=k(au+bv)=kd=ca(ku)+b(kv) = k(au+bv) = kd = c : le couple (x0,y0)=(ku,kv)(x_0,y_0)=(ku,kv) est une solution particulière.

Propriété (solution générale). Lorsque d∣cd \mid c, si (x0,y0)(x_0,y_0) est une solution particulière de ax+by=cax+by=c, l'ensemble des solutions entières est :

x=x0+bd k,y=y0−ad k,k∈Zx = x_0 + \dfrac{b}{d}\,k, \qquad y = y_0 - \dfrac{a}{d}\,k, \qquad k \in \mathbb{Z}

Idée de la démonstration. Si (x,y)(x,y) est une autre solution, en soustrayant ax0+by0=cax_0+by_0=c à ax+by=cax+by=c on obtient a(x−x0)=b(y0−y)a(x-x_0) = b(y_0-y), puis, en divisant par dd : ad(x−x0)=bd(y0−y)\dfrac{a}{d}(x-x_0) = \dfrac{b}{d}(y_0-y). Or ad\dfrac{a}{d} et bd\dfrac{b}{d} sont premiers entre eux (car au+bv=dau+bv=d donne, en divisant par dd, adu+bdv=1\dfrac{a}{d}u+\dfrac{b}{d}v=1) : le théorème de Gauss donne alors ad∣(y0−y)\dfrac{a}{d} \mid (y_0-y), d'où y0−y=adky_0-y=\dfrac{a}{d}k pour un entier kk, puis x−x0=bdkx-x_0=\dfrac{b}{d}k en revenant à l'égalité de départ. Réciproquement, tout couple de cette forme est bien solution.

Méthode et exemple complet. Résolvons dans Z2\mathbb{Z}^2 l'équation 91x+39y=6591x+39y=65.

1. Existence. Algorithme d'Euclide : 91=2×39+1391 = 2\times39+13 puis 39=3×13+039=3\times13+0, donc PGCD(91,39)=13\text{PGCD}(91,39)=13. Comme 65=5×1365 = 5\times13, on a 13∣6513 \mid 65 : l'équation admet des solutions.

2. Solution particulière (Bézout). En isolant le reste de la première ligne : 13=91−2×3913 = 91 - 2\times39, donc 91×1+39×(−2)=1391\times1 + 39\times(-2) = 13. En multipliant par k=65/13=5k=65/13=5 : 91×5+39×(−10)=6591\times5 + 39\times(-10) = 65. Une solution particulière est (x0,y0)=(5,−10)(x_0,y_0)=(5,-10). Vérification : 91×5=45591\times5=455, 39×(−10)=−39039\times(-10)=-390, et 455−390=65455-390=65. ✓

3. Solution générale. Avec d=13d=13, bd=3913=3\dfrac{b}{d}=\dfrac{39}{13}=3 et ad=9113=7\dfrac{a}{d}=\dfrac{91}{13}=7 :

x=5+3k,y=−10−7k,k∈Zx = 5+3k, \qquad y = -10-7k, \qquad k \in \mathbb{Z}

Vérification finale (dans l'équation d'origine). Pour tout kk : 91(5+3k)+39(−10−7k)=455+273k−390−273k=6591(5+3k)+39(-10-7k) = 455+273k-390-273k = 65. ✓ Par exemple, pour k=−1k=-1 : (x,y)=(2,−3)(x,y)=(2,-3), et 91×2+39×(−3)=182−117=6591\times2+39\times(-3)=182-117=65. ✓

Nombres premiers

Définition. Un entier p⩾2p \geqslant 2 est premier si ses seuls diviseurs positifs sont 11 et pp.

Exemples. 2,3,5,7,11,13,17,…2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, \ldots sont premiers. Attention : 11 n'est pas premier (il n'a qu'un seul diviseur positif), et 22 est le seul nombre premier pair.

Propriété (admise). Tout entier n⩾2n \geqslant 2 possède au moins un diviseur premier.

Théorème (décomposition en facteurs premiers, admis). Tout entier n⩾2n \geqslant 2 se décompose de manière unique (à l'ordre des facteurs près) en un produit de nombres premiers :

n=p1α1×p2α2×⋯×pkαkn = p_1^{\alpha_1} \times p_2^{\alpha_2} \times \cdots \times p_k^{\alpha_k}

Exemple. 360=23×32×5360 = 2^3 \times 3^2 \times 5.

Lien avec le PGCD. Le PGCD de deux entiers peut aussi se calculer à partir de leurs décompositions en facteurs premiers : on prend les facteurs premiers communs, chacun affecté du plus petit exposant apparaissant dans les deux décompositions.

Propriété (lemme d'Euclide, admise). Si pp est un nombre premier et si pp divise un produit abab (avec a,ba, b entiers), alors pp divise aa ou pp divise bb. En particulier, si pp divise b2b^2, alors pp divise bb.

Test de primalité. Pour savoir si un entier n⩾2n \geqslant 2 est premier, il suffit de tester s'il est divisible par un entier compris entre 22 et n\sqrt{n} : si aucun de ces entiers ne le divise, nn est premier.

Remarque (culture mathématique). Il existe une infinité de nombres premiers, un résultat démontré par Euclide il y a plus de deux mille ans.

Exercice — Comparer deux méthodes pour calculer un PGCD

On souhaite déterminer PGCD(1260,3168)\text{PGCD}(1260, 3168).

  1. Donner la décomposition en produit de facteurs premiers de 12601260 et de 31683168, puis en déduire PGCD(1260,3168)\text{PGCD}(1260, 3168).
  2. Retrouver ce résultat à l'aide de l'algorithme d'Euclide, en détaillant toutes les divisions euclidiennes successives.
  3. Laquelle des deux méthodes vous paraît la plus rapide à mettre en œuvre ici ? Justifier.
Exercice — Bézout : deux couples d'entiers, premiers entre eux ou non
  1. Calculer PGCD(121,39)\text{PGCD}(121,39) à l'aide de l'algorithme d'Euclide. Les entiers 121121 et 3939 sont-ils premiers entre eux ?
  2. Si oui, déterminer par remontée de l'algorithme d'Euclide un couple (u,v)∈Z2(u,v)\in\mathbb{Z}^2 tel que 121u+39v=1121u+39v=1, et vérifier le résultat obtenu par substitution directe.
  3. Calculer de même PGCD(154,88)\text{PGCD}(154,88). Les entiers 154154 et 8888 sont-ils premiers entre eux ? Justifier, sans chercher de couple de Bézout, pourquoi un tel couple (u,v)(u,v) tel que 154u+88v=1154u+88v=1 ne peut pas exister.
Exercice — Résoudre une équation diophantienne complète

On considère l'équation 45x+21y=645x+21y=6, d'inconnue (x,y)∈Z2(x,y)\in\mathbb{Z}^2.

  1. Calculer PGCD(45,21)\text{PGCD}(45,21) et vérifier que l'équation admet des solutions entières.
  2. Déterminer une solution particulière (x0,y0)(x_0,y_0) par remontée de l'algorithme d'Euclide.
  3. Donner l'ensemble des solutions, puis vérifier par substitution dans l'équation d'origine que les couples obtenus pour k=0k=0 et pour k=1k=1 conviennent bien.
Exercice — Synthèse : PGCD dépendant d'un paramètre (combinaison linéaire et théorème de Gauss)

Soit nn un entier relatif. On pose a=n+4a=n+4 et b=3n+7b=3n+7.

  1. Calculer 3a−b3a-b. En déduire que tout diviseur commun positif à aa et bb divise 55, puis que PGCD(a,b)∈{1,5}\text{PGCD}(a,b) \in \{1,5\}.
  2. Montrer directement (sans théorème de Gauss) que 5∣a  ⟹  5∣b5\mid a \implies 5\mid b, puis, en utilisant le théorème de Gauss, que 5∣b  ⟹  5∣a5 \mid b \implies 5\mid a.
  3. En déduire, selon la valeur de nn modulo 55, la valeur de PGCD(a,b)\text{PGCD}(a,b). Vérifier sur les cas n=1n=1 et n=2n=2.

QCM — PGCD et nombres premiers

1. Quel est le PGCD de 4848 et 1818 ?
2. Lequel de ces quatre entiers est un nombre premier ?
3. Les entiers 3535 et 1818 sont-ils premiers entre eux ?
4. Lequel des couples suivants vérifie 12u+5v=112u+5v=1 ?
5. L'équation diophantienne 14x+21y=1014x+21y=10 admet-elle des solutions entières ?

Congruences dans ℤ

Définition

Soit n⩾2n \geqslant 2 un entier naturel, et a,ba, b deux entiers relatifs. On dit que aa et bb sont congrus modulo nn, et on note a≡b [n]a \equiv b \, [n] (ou a≡b(modn)a \equiv b \pmod{n}), si aa et bb ont le même reste dans la division euclidienne par nn.

Exemples. 11=4×2+311 = 4 \times 2 + 3 et 7=4×1+37 = 4 \times 1 + 3 ont le même reste 33 dans la division par 44, donc 11≡7 [4]11 \equiv 7 \, [4]. De même, 38≡14 [12]38 \equiv 14 \, [12] (tous deux de reste 22 dans la division par 1212).

Si l'on compte de 66 en 66 à partir de 55, tous les entiers obtenus sont congrus à 55 modulo 66 : …,−7,−1,5,11,17,23,…\ldots, -7, -1, 5, 11, 17, 23, \ldots

Propriétés

Soit n⩾2n \geqslant 2 un entier, a,ba, b deux entiers relatifs.

1. a≡b [n]  ⟺  n∣(a−b)a \equiv b \, [n] \iff n \mid (a-b).

2. En particulier (cas b=0b=0) : a≡0 [n]  ⟺  n∣aa \equiv 0 \, [n] \iff n \mid a.

3. Si n′⩾2n' \geqslant 2 divise nn, alors a≡b [n]  ⟹  a≡b [n′]a \equiv b \, [n] \implies a \equiv b \, [n'].

Démonstration du point 1. Si a≡b [n]a \equiv b \, [n], il existe q,q′,rq, q', r tels que a=nq+ra = nq+r et b=nq′+rb = nq'+r (même reste rr), donc a−b=n(q−q′)a - b = n(q-q'), soit n∣(a−b)n \mid (a-b). Réciproquement, si n∣(a−b)n \mid (a-b), il existe kk tel que a=b+kna = b + kn ; en écrivant b=nq+rb = nq+r avec 0⩽r<n0 \leqslant r < n, on obtient a=n(q+k)+ra = n(q+k)+r, qui est la division euclidienne de aa par nn de même reste rr : donc a≡b [n]a \equiv b \, [n].

Congruence et division euclidienne

Propriété. Tout entier relatif aa est congru modulo nn à un unique entier rr tel que 0⩽r⩽n−10 \leqslant r \leqslant n-1 : il s'agit précisément du reste de la division euclidienne de aa par nn.

Compatibilité avec les opérations

Théorème. La relation de congruence modulo nn est compatible avec l'addition et la multiplication : si a≡a′ [n]a \equiv a' \, [n] et b≡b′ [n]b \equiv b' \, [n], alors

a+b≡a′+b′ [n]etab≡a′b′ [n]a+b \equiv a'+b' \, [n] \quad \text{et} \quad ab \equiv a'b' \, [n]

Conséquences. Pour tout entier kk : si a≡a′ [n]a \equiv a' \, [n] alors ka≡ka′ [n]ka \equiv ka' \, [n]. Pour tout entier naturel p⩾1p \geqslant 1 : si a≡a′ [n]a \equiv a' \, [n] alors ap≡a′ p [n]a^p \equiv a'^{\,p} \, [n] (on le démontre par récurrence sur pp, en appliquant la compatibilité avec la multiplication à chaque étape).

Attention ! On ne peut pas « simplifier » une congruence comme une égalité. Par exemple 16≡20 [4]16 \equiv 20 \, [4], mais 8≢10 [4]8 \not\equiv 10 \, [4] (on n'a pas le droit de diviser les deux membres par 22).

Petit théorème de Fermat

Théorème (petit théorème de Fermat, admis). Soit pp un nombre premier et aa un entier relatif. Si pp ne divise pas aa, alors :

ap−1≡1 [p]a^{p-1} \equiv 1 \, [p]

Corollaire. Pour tout entier relatif aa (y compris lorsque pp divise aa) :

ap≡a [p]a^{p} \equiv a \, [p]

Démonstration du corollaire. Si p∤ap \nmid a, on multiplie les deux membres de ap−1≡1 [p]a^{p-1}\equiv1\,[p] par aa : ap≡a [p]a^p \equiv a\,[p]. Si p∣ap \mid a, alors a≡0 [p]a \equiv 0\,[p], donc ap≡0≡a [p]a^p \equiv 0 \equiv a \,[p] également (compatibilité des congruences avec les puissances). Dans les deux cas, ap≡a [p]a^p\equiv a\,[p].

Exemple. Retrouvons, à l'aide du petit théorème de Fermat, le reste de la division euclidienne de 2102^{10} par 77 (déjà calculé dans le QCM de cette notion). Ici p=7p=7 est premier et ne divise pas a=2a=2, donc le théorème donne 26≡1 [7]2^{6} \equiv 1 \, [7] — ce que l'on vérifie directement : 26=64=9×7+12^6=64=9\times7+1. On en déduit :

210=26×24≡1×24=16≡2 [7]2^{10} = 2^{6}\times2^{4} \equiv 1\times2^{4} = 16 \equiv 2 \, [7]

Remarque — lien avec le QCM de cette notion. Le calcul du QCM utilisait l'observation 23≡1 [7]2^3\equiv1\,[7], plus fine que ce que garantit directement Fermat (qui n'assure que 26≡1 [7]2^6\equiv1\,[7], avec l'exposant p−1=6p-1=6) — les deux sont d'ailleurs cohérentes : 26=(23)2≡12=1 [7]2^6=(2^3)^2\equiv1^2=1\,[7]. Mais le petit théorème de Fermat a l'avantage de s'appliquer systématiquement, avec l'exposant p−1p-1, même quand aucun raccourci comme 23≡1 [7]2^3\equiv1\,[7] n'est visible à l'œil : c'est exactement le même résultat qui est retrouvé ci-dessus par cette méthode générale.

Application : critères de divisibilité

Les congruences permettent de justifier les critères de divisibilité usuels. Par exemple, pour le critère de divisibilité par 99 :

Comme 10≡1 [9]10 \equiv 1 \, [9], la propriété des puissances donne 10k≡1 [9]10^k \equiv 1 \, [9] pour tout entier k⩾0k \geqslant 0. Si un entier NN s'écrit en base dix N=ap×10p+ap−1×10p−1+⋯+a1×10+a0N = a_p \times 10^p + a_{p-1} \times 10^{p-1} + \cdots + a_1 \times 10 + a_0 (les aia_i étant ses chiffres), alors par compatibilité de la congruence avec l'addition et la multiplication :

N≡ap+ap−1+⋯+a1+a0 [9]N \equiv a_p + a_{p-1} + \cdots + a_1 + a_0 \, [9]

Autrement dit, NN est congru modulo 99 à la somme de ses chiffres. En particulier, NN est divisible par 99 si, et seulement si, la somme de ses chiffres l'est. Le même raisonnement (avec 10≡1 [3]10 \equiv 1 \, [3]) justifie le critère de divisibilité par 33.

On retrouve de la même manière les autres critères usuels : un entier est divisible par 22 (resp. 55, 1010) si son dernier chiffre est divisible par 22 (resp. 55, 1010), et divisible par 44 si le nombre formé par ses deux derniers chiffres l'est.

Exercice — Restes possibles pour un nombre premier modulo 12

Soit pp un nombre premier tel que p>3p > 3.

  1. Justifier que pp n'est ni un multiple de 22, ni un multiple de 33.
  2. En étudiant les restes possibles de la division euclidienne d'un entier par 1212, déterminer les restes possibles de pp modulo 1212.
  3. En déduire que p2+11p^2 + 11 est divisible par 1212.
Exercice — Petit théorème de Fermat : applications
  1. À l'aide du petit théorème de Fermat, déterminer le reste de la division euclidienne de 31003^{100} par 1111.
  2. Démontrer que, pour tout entier relatif nn, n7≡n [7]n^7 \equiv n \, [7] (on distinguera le cas où 77 divise nn du cas où 77 ne divise pas nn).
  3. En déduire, sans calculer 12712^7, le reste de la division euclidienne de 12712^7 par 77.

QCM — Congruences dans ℤ

1. À quoi 1717 est-il congru modulo 55 ?
2. Quel est le reste de la division euclidienne de 2102^{10} par 77 ?
3. D'après le petit théorème de Fermat (rappel : la question précédente a montré que 2102^{10} modulo 77 vaut 22), que vaut 262^{6} modulo 77 ?

Exercices bilan

Effectuer une division euclidienne d'un entier relatif, y compris avec un dividende négatif

ApplicationCorrigé gratuit
  1. Déterminer le quotient qq et le reste rr de la division euclidienne de 15831583 par 2424 (on vérifiera que 1583=24q+r1583=24q+r avec 0⩽r<240\leqslant r<24).
  2. 2424 divise-t-il 15831583 ? Justifier à l'aide du résultat de la question 1.
  3. En utilisant la division euclidienne de 15831583 par 2424, déterminer le quotient et le reste de la division euclidienne de −1583-1583 par 2424.

Calculer un PGCD par l'algorithme d'Euclide et étudier des entiers premiers entre eux

Application
  1. Calculer, en détaillant les étapes de l'algorithme d'Euclide, PGCD(252,180)\text{PGCD}(252,180).
  2. Les entiers 252252 et 180180 sont-ils premiers entre eux ? Justifier.
  3. Calculer, de la même façon, PGCD(35,72)\text{PGCD}(35,72).
  4. Les entiers 3535 et 7272 sont-ils premiers entre eux ? Justifier.
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Résoudre un problème de divisibilité à l'aide d'une combinaison linéaire

EntraînementCorrigé gratuit

On cherche les entiers relatifs nn tels que (n+4)(n+4) divise (3n−1)(3n-1).

  1. Vérifier que 3n−1=3(n+4)−133n-1 = 3(n+4)-13.
  2. En déduire que, si (n+4)∣(3n−1)(n+4)\mid(3n-1), alors (n+4)∣13(n+4)\mid13.
  3. Déterminer, à l'aide de la question précédente, tous les entiers relatifs nn candidats.
  4. Vérifier, pour chacune des valeurs trouvées à la question 3, que (n+4)(n+4) divise bien (3n−1)(3n-1), et conclure.

Déterminer un couple de Bézout par remontée de l'algorithme d'Euclide

Entraînement
  1. Calculer PGCD(77,30)\text{PGCD}(77,30) à l'aide de l'algorithme d'Euclide, en détaillant les étapes.
  2. Les entiers 7777 et 3030 sont-ils premiers entre eux ?
  3. En remontant l'algorithme d'Euclide de la question 1, déterminer un couple d'entiers relatifs (u,v)(u,v) tel que 77u+30v=PGCD(77,30)77u+30v=\text{PGCD}(77,30).
  4. Vérifier le résultat obtenu par un calcul direct.
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Résoudre une équation diophantienne linéaire

Entraînement

On souhaite résoudre dans Z2\mathbb{Z}^2 l'équation (E) : 45x+27y=18(E)\,:\,45x+27y=18.

  1. Calculer d=PGCD(45,27)d=\text{PGCD}(45,27).
  2. Justifier que l'équation (E)(E) admet des solutions entières.
  3. En remontant l'algorithme d'Euclide, déterminer une solution particulière (x0,y0)(x_0,y_0) de (E)(E), puis vérifier ce résultat.
  4. Donner l'ensemble des solutions entières de (E)(E), puis vérifier que la formule obtenue satisfait bien (E)(E) pour tout entier kk.
  5. Donner, à titre d'exemple, une solution de (E)(E) différente de (x0,y0)(x_0,y_0), et vérifier qu'elle satisfait bien (E)(E).
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Utiliser les congruences pour déterminer un reste et justifier un critère de divisibilité

Entraînement
  1. Le nombre 1111 est premier et ne divise pas 77. Que donne, dans ce cas, le petit théorème de Fermat appliqué à p=11p=11 et a=7a=7 ?
  2. En déduire le reste de la division euclidienne de 71007^{100} par 1111 (on remarquera que 100=10×10100=10\times10).
  3. On rappelle que 10≡1 [9]10\equiv1\,[9]. En déduire, par récurrence, que 10k≡1 [9]10^k\equiv1\,[9] pour tout entier naturel kk.
  4. Un entier NN s'écrit, en base dix, N=ap×10p+ap−1×10p−1+⋯+a1×10+a0N=a_p\times10^p+a_{p-1}\times10^{p-1}+\cdots+a_1\times10+a_0, où les aia_i sont ses chiffres. À l'aide de la question 3 et de la compatibilité des congruences avec l'addition et la multiplication, justifier que NN est congru modulo 99 à la somme de ses chiffres.
  5. Utiliser ce résultat pour déterminer si N=784 512N=784\,512 est divisible par 99.
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Un chiffrement affine : PGCD, théorème de Bézout, congruences et programme Python

Type bac

On associe à chaque lettre de l'alphabet un rang xx, de 00 (pour A) à 2525 (pour Z). On étudie le chiffrement affine qui, à un rang xx, associe le rang chiffré yy défini par :

y≡15x+3 [26]y \equiv 15x+3\,[26]

où yy est choisi dans {0,1,…,25}\{0,1,\ldots,25\}.

Partie A — Existence d'un inverse de 1515 modulo 2626

  1. Calculer PGCD(15,26)\text{PGCD}(15,26) à l'aide de l'algorithme d'Euclide, en détaillant les étapes.
  2. Que garantit le théorème de Bézout, appliqué à 1515 et 2626, compte tenu du résultat de la question 1 ?
  3. En remontant l'algorithme d'Euclide, déterminer un entier bb, avec 0⩽b<260\leqslant b<26, tel que 15b≡1 [26]15b\equiv1\,[26]. Vérifier numériquement.

Partie B — Chiffrer et déchiffrer

  1. Calculer le rang chiffré yy correspondant à la lettre D (rang x=3x=3), puis donner la lettre chiffrée correspondante.
  2. On veut retrouver xx à partir de y≡15x+3 [26]y\equiv15x+3\,[26], c'est-à-dire 15x≡(y−3) [26]15x\equiv(y-3)\,[26]. En multipliant les deux membres par l'entier bb trouvé à la question 3, et en utilisant 15b≡1 [26]15b\equiv1\,[26], montrer que :
x≡b(y−3) [26]x \equiv b(y-3)\,[26]
  1. Utiliser cette formule pour déchiffrer la lettre de rang chiffré y=22y=22, et vérifier la cohérence avec la question 4.
  2. Compléter le programme Python suivant, qui doit implémenter les fonctions de chiffrement et de déchiffrement, puis vérifier qu'il confirme bien le résultat de la question 6 :
def chiffrer(x):
    """Renvoie le rang chiffre y, pour un rang de lettre x (0 <= x <= 25)."""
    return ...  # a completer
 
def dechiffrer(y):
    """Renvoie le rang dechiffre x, a partir du rang chiffre y (0 <= y <= 25)."""
    return ...  # a completer
 
for x in range(26):
    assert dechiffrer(chiffrer(x)) == x
 
print(chiffrer(3))
print(dechiffrer(22))
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