Lexique — Première & Terminale
Vocabulaire ensembliste et logique
Ensembles
Élément, appartenance et inclusion
Un ensemble est une collection d'objets, appelés ses éléments. Si est un élément de l'ensemble , on note (« appartient à »). Sinon, on note .
Exemple. Si , alors mais .
Un ensemble est un sous-ensemble (ou une partie) de si tout élément de appartient aussi à . On note alors (« est inclus dans »).
Exemple. Avec et , on a car et .
Réunion, intersection, complémentaire
Soient et deux sous-ensembles d'un ensemble .
- La réunion est l'ensemble des éléments appartenant à ou à (au sens inclusif : éventuellement aux deux).
- L'intersection est l'ensemble des éléments appartenant à la fois à et à .
- Le complémentaire de dans , noté (notation utilisée en probabilités) ou , est l'ensemble des éléments de qui n'appartiennent pas à .
Exemple. Avec , et :
Ensembles de nombres et intervalles
Les ensembles de nombres usuels sont notés (entiers naturels), (entiers relatifs), (décimaux), (rationnels) et (réels), avec .
Un intervalle est une partie de « sans trou ». Par exemple, désigne l'ensemble des réels tels que , et l'ensemble des réels .
Exemple. et .
-uplets et produit cartésien
Couple, triplet, -uplet
Contrairement à un ensemble, dans un couple l'ordre compte et les répétitions sont autorisées : , alors que en tant qu'ensembles.
On généralise avec le triplet (trois éléments ordonnés), puis le -uplet pour un nombre quelconque d'éléments ordonnés.
Exemple. Les coordonnées d'un point du plan forment un couple ; celles d'un point de l'espace forment un triplet .
Produit cartésien
Le produit cartésien de deux ensembles et , noté , est l'ensemble de tous les couples avec et .
Exemple. Si et , alors :
Cette notion se généralise à ( facteurs), l'ensemble des -uplets d'éléments de — utile par exemple pour dénombrer des mots de longueur sur un alphabet, ou les issues d'une succession de épreuves.
Connecteurs logiques et raisonnement
Connecteurs « et », « ou », contre-exemple
Une proposition est un énoncé mathématique qui est soit vrai, soit faux. On peut combiner deux propositions et avec les connecteurs :
- « et » est vraie lorsque et sont vraies toutes les deux.
- « ou » est vraie lorsqu'au moins l'une des deux propositions , est vraie (au sens inclusif).
Exemple. Pour un réel , « et » signifie ; « ou » signifie .
Pour montrer qu'une proposition générale (« pour tout , ... ») est fausse, il suffit de trouver un contre-exemple : une valeur particulière qui ne vérifie pas la propriété.
Exemple. La proposition « pour tout entier naturel , est premier » est fausse : pour , , qui n'est pas premier. est un contre-exemple.
Implication, équivalence, réciproque, contraposée
Une implication (« implique », ou « si alors ») signifie que dès que est vraie, l'est aussi.
Exemple. « » est vraie. Mais on peut avoir sans que (par exemple ) : une implication ne se retourne pas automatiquement.
La réciproque de est la proposition ; elle peut être vraie ou fausse, indépendamment de l'implication de départ.
La contraposée de est la proposition : elle est toujours équivalente à l'implication de départ (l'une est vraie si et seulement si l'autre l'est).
Exemple. La contraposée de « si est un entier pair alors est pair » est « si est impair alors est impair ».
Une équivalence logique (« équivaut à », ou « si et seulement si ») signifie que et sont vraies simultanément : et sont toujours toutes les deux vraies, ou toutes les deux fausses.
Exemple. Pour un réel : .
Condition nécessaire, condition suffisante
Dans une implication :
- est une condition nécessaire à : pour que soit vraie, il faut que le soit.
- est une condition suffisante à : il suffit que soit vraie pour que le soit.
Exemple. « Être un carré » « être un rectangle ». Être un carré est une condition suffisante pour être un rectangle (mais pas nécessaire : un rectangle non carré existe). Être un rectangle est une condition nécessaire pour être un carré (mais pas suffisante).
Quantificateurs et négation
Quantificateurs
De nombreuses propositions portent sur tous les éléments d'un ensemble, ou sur l'existence d'au moins un élément vérifiant une propriété : on parle de quantification universelle (« pour tout ») et de quantification existentielle (« il existe »), notées respectivement et (ces symboles ne sont pas exigibles, mais la notion l'est).
Exemple. « Pour tout réel , » s'écrit . « Il existe un entier tel que » s'écrit (ici convient).
Certaines quantifications sont implicites : dire « la fonction carré est croissante sur » sous-entend « pour tous réels de cet intervalle, si alors ».
Négation de propositions quantifiées
Pour nier une proposition quantifiée, on échange et , et on nie la propriété portant sur l'élément :
- La négation de « » est « ».
- La négation de « » est « ».
Exemple. La négation de « tous les élèves de la classe ont eu la moyenne » est « au moins un élève de la classe n'a pas eu la moyenne » — et non pas « aucun élève n'a eu la moyenne ».
Raisonnements
Disjonction de cas, absurde, contraposée, équivalence
-
Disjonction de cas : on découpe la situation en plusieurs cas qui couvrent toutes les possibilités, et on traite chaque cas séparément.
Exemple. Pour montrer que est toujours pair, on distingue le cas pair et le cas impair.
-
Raisonnement par l'absurde : pour montrer qu'une proposition est vraie, on suppose que sa négation est vraie, et on aboutit à une contradiction.
Exemple. Pour montrer que est irrationnel, on suppose avec entiers, , la fraction étant irréductible, et on aboutit à une contradiction sur la parité de et .
-
Raisonnement par contraposée : pour montrer , on montre la contraposée , qui lui est équivalente (voir plus haut).
-
Raisonnement par équivalence : on transforme la proposition à démontrer par une chaîne d'équivalences , jusqu'à une proposition dont on connaît déjà la valeur de vérité.
Exemple. Résoudre dans : .
Raisonnement par récurrence (spécifique à la Terminale)
Propre au programme de Terminale, le raisonnement par récurrence permet de démontrer qu'une propriété est vraie pour tout entier , en deux étapes :
- Initialisation : on vérifie que est vraie.
- Hérédité : on montre que, si est vraie pour un entier (hypothèse de récurrence), alors est vraie aussi.
On conclut que est vraie pour tout entier . Ce raisonnement est particulièrement utilisé pour établir des propriétés portant sur des suites.
Pour aller plus loin (notions de Terminale)
Fonction, bijection, composition
La notion de fonction traverse tout le programme (fonctions d'une variable réelle, suites, variables aléatoires, géométrie...). Une fonction est une bijection d'un ensemble vers un ensemble si tout élément de admet exactement un antécédent dans .
La composition de deux fonctions et , notée , est définie par : on applique d'abord , puis au résultat.
Exemple. Si et , alors , alors que : l'ordre compte.
Symbole de somme
Le symbole (sigma majuscule) permet d'écrire une somme de façon concise :
Exemple. .