Maths & NSI

Lexique — Première & Terminale

Vecteurs, produit scalaire et géométrie repérée

Vecteurs et produit scalaire

Norme d'un vecteur

Si u⃗=AB→\vec u = \overrightarrow{AB} est un vecteur du plan, sa norme, notée ∥u⃗∥\|\vec u\|, est le réel positif ∥u⃗∥=AB\|\vec u\|=AB.

Produit scalaire : définition

Soient u⃗=AB→\vec u=\overrightarrow{AB} et v⃗=AC→\vec v=\overrightarrow{AC} deux vecteurs du plan. Le produit scalaire de u⃗\vec u et v⃗\vec v, noté u⃗⋅v⃗\vec u\cdot\vec v, est le réel :

u⃗⋅v⃗={∥u⃗∥×∥v⃗∥×cos⁡(u⃗,v⃗)si u⃗≠0⃗ et v⃗≠0⃗0sinon\vec u\cdot\vec v = \begin{cases}\|\vec u\|\times\|\vec v\|\times\cos(\vec u,\vec v) & \text{si } \vec u\neq\vec0 \text{ et } \vec v\neq\vec0\\ 0 & \text{sinon}\end{cases}

Exemple. Si AB=4AB=4, AC=3AC=3 et (AB→,AC→)=π4(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC})=\dfrac\pi4, alors AB→⋅AC→=4×3×cos⁡π4=12×22=62\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=4\times3\times\cos\dfrac\pi4=12\times\dfrac{\sqrt2}2=6\sqrt2.

Cas particuliers : si u⃗\vec u et v⃗\vec v sont colinéaires de même sens, u⃗⋅v⃗=∥u⃗∥×∥v⃗∥\vec u\cdot\vec v=\|\vec u\|\times\|\vec v\| ; de sens contraires, u⃗⋅v⃗=−∥u⃗∥×∥v⃗∥\vec u\cdot\vec v=-\|\vec u\|\times\|\vec v\| ; et pour tout vecteur u⃗\vec u, u⃗⋅u⃗=∥u⃗∥2\vec u\cdot\vec u=\|\vec u\|^2.

Vecteurs orthogonaux

Définition. Deux vecteurs u⃗\vec u et v⃗\vec v sont orthogonaux si, et seulement si, u⃗⋅v⃗=0\vec u\cdot\vec v=0. Pour trois points distincts A,B,CA,B,C : AB→⋅AC→=0  ⟺  (AB)⊥(AC)\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=0 \iff (AB)\perp(AC).

Propriétés algébriques : bilinéarité, symétrie

Pour tous vecteurs u⃗,v⃗,w⃗\vec u,\vec v,\vec w et tout réel kk : symétrie u⃗⋅v⃗=v⃗⋅u⃗\vec u\cdot\vec v=\vec v\cdot\vec u ; bilinéarité u⃗⋅(v⃗+w⃗)=u⃗⋅v⃗+u⃗⋅w⃗\vec u\cdot(\vec v+\vec w)=\vec u\cdot\vec v+\vec u\cdot\vec w et u⃗⋅(kv⃗)=k(u⃗⋅v⃗)\vec u\cdot(k\vec v)=k(\vec u\cdot\vec v).

En développant ∥u⃗+v⃗∥2\|\vec u+\vec v\|^2 par bilinéarité, on obtient ∥u⃗+v⃗∥2=∥u⃗∥2+2 u⃗⋅v⃗+∥v⃗∥2\|\vec u+\vec v\|^2=\|\vec u\|^2+2\,\vec u\cdot\vec v+\|\vec v\|^2, d'où une expression du produit scalaire à l'aide des normes :

u⃗⋅v⃗=12(∥u⃗+v⃗∥2−∥u⃗∥2−∥v⃗∥2)\vec u\cdot\vec v=\frac12\Big(\|\vec u+\vec v\|^2-\|\vec u\|^2-\|\vec v\|^2\Big)

Cette identité, appliquée dans un triangle ABCABC (avec a=BCa=BC, b=ACb=AC, c=ABc=AB), conduit à la formule d'Al-Kashi :

a2=b2+c2−2bccos⁡A^a^2=b^2+c^2-2bc\cos\widehat A

qui généralise le théorème de Pythagore (retrouvé quand A^=π2\widehat A=\frac\pi2, car cos⁡π2=0\cos\frac\pi2=0).

Produit scalaire en coordonnées

Dans un repère (O;ı⃗,ȷ⃗)(O;\vec\imath,\vec\jmath), tout vecteur u⃗\vec u se décompose de façon unique u⃗=x ı⃗+y ȷ⃗\vec u=x\,\vec\imath+y\,\vec\jmath ; le couple (x;y)(x;y) est ses coordonnées. Dans un repère orthonormé, si u⃗(x;y)\vec u(x;y) et v⃗(x′;y′)\vec v(x';y'), alors u⃗⋅v⃗=xx′+yy′\vec u\cdot\vec v=xx'+yy' et ∥u⃗∥=x2+y2\|\vec u\|=\sqrt{x^2+y^2}. Critère d'orthogonalité : u⃗\vec u et v⃗\vec v sont orthogonaux si, et seulement si, xx′+yy′=0xx'+yy'=0.

Exemple. Pour u⃗(3;−2)\vec u(3;-2) et v⃗(4;6)\vec v(4;6) : u⃗⋅v⃗=3×4+(−2)×6=12−12=0\vec u\cdot\vec v=3\times4+(-2)\times6=12-12=0 : u⃗\vec u et v⃗\vec v sont orthogonaux.

Projeté orthogonal

Définition. Le projeté orthogonal d'un point MM sur une droite dd est l'unique point HH de dd tel que (MH)⊥d(MH)\perp d (si M∈dM\in d, alors H=MH=M).

Propriété. Pour trois points A,B,CA,B,C avec A≠BA\neq B, si HH est le projeté orthogonal de CC sur (AB)(AB) : AB→⋅AC→=AB×AH‾\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=AB\times\overline{AH}, où AH‾\overline{AH} est une mesure algébrique (positive si HH est du même côté que BB vu de AA, négative sinon) — cela permet de calculer un produit scalaire par projection, sans connaître d'angle.

Exemple (calcul de coordonnées). Soit dd la droite d'équation 3x−y+5=03x-y+5=0 et M(1;−2)M(1;-2). Le vecteur n⃗(3;−1)\vec n(3;-1) est normal à dd (voir ci-dessous), donc le projeté orthogonal HH de MM sur dd s'écrit H(1+3t ;−2−t)H(1+3t\,;-2-t) pour un certain réel tt. Comme H∈dH\in d :

3(1+3t)−(−2−t)+5=0  ⟺  10t+10=0  ⟺  t=−13(1+3t)-(-2-t)+5=0 \iff 10t+10=0 \iff t=-1

d'où H(1−3 ;−2+1)=H(−2;−1)H(1-3\,;-2+1)=H(-2;-1).

Vecteur normal, vecteur directeur, équation de droite

Le plan est muni d'un repère orthonormé. Un vecteur non nul n⃗\vec n est normal à une droite dd s'il est orthogonal à tout vecteur directeur de dd.

Propriété. Si dd a pour équation cartésienne ax+by+c=0ax+by+c=0 (avec (a;b)≠(0;0)(a;b)\neq(0;0)), alors n⃗(a;b)\vec n(a;b) est normal à dd, et u⃗(−b;a)\vec u(-b;a) en est un vecteur directeur.

Exemple. La droite d:3x−y+5=0d: 3x-y+5=0 admet n⃗(3;−1)\vec n(3;-1) pour vecteur normal et u⃗(1;3)\vec u(1;3) pour vecteur directeur.

Équation connaissant un point et un vecteur normal. La droite dd passant par A(xA;yA)A(x_A;y_A) et de vecteur normal n⃗(a;b)\vec n(a;b) a pour équation a(x−xA)+b(y−yA)=0a(x-x_A)+b(y-y_A)=0.

Exemple. Pour A(1;2)A(1;2) et n⃗(1;3)\vec n(1;3) : 1(x−1)+3(y−2)=0  ⟺  x+3y−7=01(x-1)+3(y-2)=0 \iff x+3y-7=0.

Cercles et paraboles dans un repère

Équation de cercle

Définition. Le cercle de centre Ω(a;b)\Omega(a;b) et de rayon r>0r>0 est l'ensemble des points MM tels que ΩM=r\Omega M=r. Dans un repère orthonormé, son équation cartésienne est :

(x−a)2+(y−b)2=r2(x-a)^2+(y-b)^2=r^2

Exemple. Le cercle de centre Ω(2;−3)\Omega(2;-3) et de rayon 55 a pour équation (x−2)2+(y+3)2=25(x-2)^2+(y+3)^2=25.

Une équation de la forme x2+y2+dx+ey+f=0x^2+y^2+dx+ey+f=0 est celle d'un cercle si, en faisant apparaître deux carrés (forme canonique), on obtient (x−a)2+(y−b)2=k(x-a)^2+(y-b)^2=k avec k>0k>0 : c'est alors le cercle de centre Ω(a;b)\Omega(a;b) et de rayon r=kr=\sqrt k (si k=0k=0, l'ensemble se réduit au point Ω\Omega ; si k<0k<0, l'ensemble est vide).

Parabole représentative d'une fonction du second degré

Pour f(x)=ax2+bx+cf(x)=ax^2+bx+c (a≠0a\neq0), de forme canonique f(x)=a(x−α)2+βf(x)=a(x-\alpha)^2+\beta avec α=−b2a\alpha=-\dfrac b{2a}, la courbe représentative de ff est une parabole de sommet S(α;β)S(\alpha;\beta) et d'axe de symétrie la droite d'équation x=αx=\alpha, tournée vers le haut si a>0a>0, vers le bas si a<0a<0.

Exemple. g(x)=−3x2+6x+1g(x)=-3x^2+6x+1 : α=−62×(−3)=1\alpha=-\dfrac{6}{2\times(-3)}=1 et β=g(1)=−3+6+1=4\beta=g(1)=-3+6+1=4. La parabole a pour sommet S(1;4)S(1;4), d'axe de symétrie x=1x=1, et est tournée vers le bas car a=−3<0a=-3<0.