Lexique — Première & Terminale
Géométrie vectorielle de l'espace
Vecteurs de l'espace
Vecteur, translation, combinaison linéaire
Comme dans le plan, à deux points et de l'espace on associe le vecteur , caractérisé par une direction, un sens et une norme . Deux vecteurs et sont égaux si et seulement si est un parallélogramme.
À tout vecteur correspond une translation : la transformation qui à tout point associe l'unique point tel que .
Relation de Chasles. Pour tous points : .
Une combinaison linéaire de vecteurs est un vecteur de la forme , où sont des réels.
Colinéarité, coplanarité
La colinéarité de deux vecteurs se définit exactement comme dans le plan : et sont colinéaires s'il existe tel que , ou si l'un des deux est nul.
Exemple. et sont colinéaires car .
On dit que trois vecteurs sont coplanaires lorsqu'ils admettent des représentants situés dans un même plan. Si ne sont pas colinéaires, un vecteur est coplanaire avec si et seulement s'il existe un unique couple tel que .
Exemple. Pour , et : , donc est coplanaire avec et . En revanche, ne l'est pas : sa troisième coordonnée ne peut s'écrire , qui vaut toujours .
Quatre points sont coplanaires si et seulement si sont coplanaires.
Droites et plans de l'espace
Droite : vecteur directeur
On appelle vecteur directeur d'une droite tout vecteur non nul colinéaire à , pour deux points de . La droite passant par et de vecteur directeur est l'ensemble des points tels que et soient colinéaires : (un exemple chiffré figure plus bas, dans la section sur les représentations paramétriques).
Deux droites sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs directeurs sont colinéaires.
Plan : direction, caractérisation
On appelle direction d'un plan tout couple de vecteurs non colinéaires dont on peut choisir des représentants inclus dans . Le plan passant par et de direction est alors l'ensemble des points tels que , avec .
Exemple. Pour , et : le plan de direction passant par est l'ensemble des points , c'est-à-dire le plan d'équation .
En particulier, le plan défini par trois points non alignés est l'ensemble des points tels que .
Positions relatives dans l'espace
Contrairement au plan, deux droites de l'espace ne sont pas nécessairement coplanaires :
- Deux droites sont soit coplanaires — et alors sécantes, ou parallèles (confondues ou strictement parallèles) —, soit non coplanaires.
- Une droite et un plan sont soit sécants (un seul point commun), soit parallèles (aucun point commun, ou droite incluse dans le plan).
- Deux plans sont soit sécants (leur intersection est une droite), soit parallèles (confondus ou disjoints).
Exemple. Dans un cube de côté , plaçons , , , . La droite a pour vecteur directeur et la droite a pour vecteur directeur : ces deux directions ne sont pas colinéaires. Or les points de s'écrivent et ceux de s'écrivent : une intersection exigerait sur la troisième coordonnée, ce qui est impossible. Les droites et ne sont donc pas coplanaires.
Bases et repères de l'espace
Base, décomposition, repère
On dit que trois vecteurs forment une base de l'espace lorsqu'ils ne sont pas coplanaires. Tout vecteur s'écrit alors de façon unique comme combinaison linéaire de : , où sont les coordonnées de dans cette base.
Exemple. Soit la base , , (non coplanaires) et . Chercher tels que revient à résoudre , , , d'où , , . On vérifie : .
Un repère est la donnée d'un point origine et d'une base. Pour tout point , il existe un unique triplet tel que : ce sont les coordonnées de dans le repère.
Base orthonormée, repère orthonormé
Une base orthonormée est un triplet de vecteurs deux à deux orthogonaux et de norme : et . Un repère est dit orthonormé lorsque sa base l'est : c'est le cadre par défaut pour calculer distances et produits scalaires à l'aide de coordonnées.
Produit scalaire et orthogonalité dans l'espace
Définition et propriétés
Pour et , le produit scalaire est celui calculé dans le plan contenant , au sens déjà connu dans le plan : si sont non nuls, et sinon.
Exemple. Si , et , alors .
Comme dans le plan, ce produit scalaire reste symétrique () et bilinéaire : .
En coordonnées : norme et distance
Dans un repère orthonormé, pour et : , d'où et, pour , :
Exemple. Pour et : (les vecteurs sont orthogonaux), et . Pour et : .
En développant comme dans le plan, on obtient les formules de polarisation :
Orthogonalité de droites, droite et plan
Deux vecteurs non nuls sont orthogonaux lorsque les droites qui les dirigent sont perpendiculaires ; par convention, le vecteur nul est orthogonal à tout vecteur. Deux droites de vecteurs directeurs sont orthogonales si et seulement si — si elles sont sécantes, on parle de droites perpendiculaires ; sinon, d'orthogonales non coplanaires.
Exemple. Reprenons le cube précédent : a pour direction et a pour direction . Leur produit scalaire est : les droites et sont orthogonales — et, comme on a vu qu'elles ne sont pas coplanaires, elles ne sont pas perpendiculaires.
Une droite de vecteur directeur est orthogonale à un plan dès que est orthogonal aux deux vecteurs, non colinéaires, qui dirigent (il suffit de vérifier l'orthogonalité avec ce seul couple, pas avec tous les vecteurs du plan). En notant ce couple directeur de :
Exemple. Pour dirigé par et (le plan ) et de vecteur directeur : et , donc est orthogonale à .
Vecteur normal, projeté orthogonal, distances
On appelle vecteur normal à un plan tout vecteur directeur d'une droite orthogonale à . L'ensemble des points tels que est alors le plan passant par et de vecteur normal .
Exemple. Reprenons , normal au plan passant par : pour , , donc : on retrouve bien l'équation du plan.
Le projeté orthogonal de sur une droite (ou sur un plan ) est le point d'intersection de (ou ) avec la perpendiculaire à (ou à ) passant par ; c'est le point de (ou ) le plus proche de , et est alors la distance de à (ou à ).
Exemple. Le projeté orthogonal de sur le plan est : la distance de à ce plan vaut .
Plan médiateur. Pour distincts, de milieu , le plan médiateur de est le plan passant par et de vecteur normal ; c'est l'ensemble des points équidistants de et .
Exemple. Pour et , le plan médiateur est le plan d'équation . Pour : et : on a bien .
Représentations paramétriques et équations cartésiennes
Représentation paramétrique d'une droite
Pour passant par et de vecteur directeur : , ce qui donne la représentation paramétrique :
Exemple. Pour et : . Le point appartient à cette droite : donne , et l'on vérifie et — les trois équations donnent la même valeur . En revanche n'y appartient pas : donne bien , mais .
Pour comparer deux droites, on compare d'abord leurs vecteurs directeurs. S'ils ne sont pas colinéaires, on résout le système obtenu en égalant les deux représentations (avec des paramètres distincts) : une solution signifie que les droites sont sécantes, aucune solution qu'elles sont non coplanaires. S'ils sont colinéaires, les droites sont parallèles : confondues si un point de l'une appartient à l'autre, strictement parallèles sinon.
Exemple. La droite passant par , de vecteur directeur , est colinéaire à . Le point de vérifie-t-il une représentation paramétrique de ? Avec , on trouve , et l'on vérifie et : les trois coordonnées de correspondent à la même valeur . Les droites et sont donc confondues.
Équation cartésienne d'un plan
Un plan de vecteur normal non nul admet une équation ; réciproquement, un tel ensemble de points, pour , est un plan de vecteur normal .
Exemple. Pour et : .
Réciproquement, si un plan a pour équation , alors en est un vecteur normal. Pour trouver un vecteur normal à un plan , on cherche orthogonal à la fois à et à .
Exemple. Pour , , : et . On cherche tel que et : en prenant , il vient . Une équation du plan est donc avec, pour : , soit ; l'équation est .
Distance d'un point à un plan
Propriété. Pour d'équation et :
Exemple. Pour (donc ) et : .
Traduire un problème par un système linéaire
De nombreux problèmes de géométrie repérée dans l'espace se ramènent à la résolution d'un système d'équations linéaires : décider si trois vecteurs forment une base (aucun n'est combinaison linéaire des deux autres), calculer les coordonnées d'un vecteur dans une base, étudier l'intersection d'une droite et d'un plan (en substituant la représentation paramétrique de la droite dans l'équation du plan) ou de deux plans (en résolvant leurs deux équations cartésiennes simultanément).