Exponentielle, logarithme, trigonométrie et calcul intégral
Fonction exponentielle
Définition, nombre e, notation ex
Définition (propriété admise). Il existe une unique fonction f dérivable sur R telle que f′=f et f(0)=1. Cette fonction est la fonction exponentielle, notée exp.
L'image de 1 par la fonction exponentielle est notée e : exp(1)=e, un nombre irrationnel dont une valeur approchée est e≈2,718. Pour tout réel x, on note exp(x)=ex.
Relation fonctionnelle
Théorème. Pour tous réels x,y : ex+y=ex×ey. On en déduit e−x=ex1, ex−y=eyex et (ex)n=enx pour n∈Z.
Exemple.ex−1e3x×e−x+2=e(3x−x+2)−(x−1)=ex+3.
Dérivée et sens de variation
La fonction exponentielle est strictement positive sur R, dérivable, avec (ex)′=ex. Comme ex>0 pour tout x, elle est strictement croissante sur R, avec x→−∞limex=0 et x→+∞limex=+∞. Étant strictement croissante, elle conserve l'ordre : pour tous réels a,b, ea=eb⟺a=b et ea<eb⟺a<b.
Fonction logarithme népérien (notion de Terminale)
Définition comme réciproque de l'exponentielle
Comme la fonction exponentielle est continue, strictement croissante sur R, à valeurs dans ]0;+∞[, pour tout réel y>0 l'équation ex=y admet une unique solution x. On appelle fonction logarithme népérien, notée ln, la fonction qui à tout réel y>0 associe cette unique solution : c'est la fonction réciproque de l'exponentielle, définie sur ]0;+∞[.
y=ex⟺x=ln(y)ln(ex)=xeln(y)=y(y>0)
Avec ln(1)=0 et ln(e)=1.
Propriétés algébriques
Théorème. Pour tous réels strictement positifs a,b : ln(ab)=ln(a)+ln(b). On en déduit ln(a1)=−ln(a), ln(ba)=ln(a)−ln(b), ln(an)=nln(a) pour n∈Z, et ln(a)=21ln(a).
Exemple.ln(45)=ln(32×5)=2ln3+ln5.
Dérivée, sens de variation, limites
ln est dérivable sur ]0;+∞[, avec ln′(x)=x1>0 : elle est donc strictement croissante. Ses limites aux bornes sont x→0+limln(x)=−∞ (la droite x=0 est asymptote verticale à sa courbe) et x→+∞limln(x)=+∞.
Dans un repère orthonormé, la courbe de ln est la symétrique de la courbe de exp par rapport à la droite d'équation y=x — propriété générale de deux fonctions réciproques.
Croissances comparées
Propriété (admise). En +∞, ln tend vers +∞ « infiniment plus lentement » que toute puissance de x : pour tout entier n⩾1,
x→+∞limxnln(x)=0x→0+limxnln(x)=0
De même, en +∞, l'exponentielle l'emporte sur x (voir la page Fonctions, dérivation et convexité) : x→+∞limxex=+∞.
Fonctions trigonométriques
Cercle trigonométrique, radian, enroulement
Dans un repère orthonormé, le cercle trigonométrique est le cercle de centre O et de rayon 1, orienté dans le sens positif (sens inverse des aiguilles d'une montre). Le radian est l'unité de mesure d'angle définie par la longueur de l'arc de cercle intercepté sur ce cercle ; le demi-cercle, de longueur π, correspond à un angle de π radians : 180°=π rad.
En « enroulant » la droite réelle graduée sur le cercle trigonométrique (tangente au point I(1;0)), tout réel x vient se placer en un unique point M, appelé point image de x. Le cercle ayant pour périmètre 2π, un même point est l'image d'une infinité de réels, tous distants d'un multiple de 2π : x′=x+k×2π, k∈Z, ce que l'on note x′=x[2π]. Le seul de ces réels appartenant à ]−π;π] est la mesure principale.
Exemple.−35π=3π[2π], car −35π+2π=3π.
Cosinus et sinus d'un nombre réel
Soit x un réel et M son point image sur le cercle trigonométrique. Le cosinus de x, noté cosx, est l'abscisse de M ; le sinus de x, noté sinx, est son ordonnée. Pour tout réel x : −1⩽cosx⩽1, −1⩽sinx⩽1 et cos2x+sin2x=1. Ces définitions coïncident, pour un angle entre 0 et 2π, avec le cosinus et le sinus usuels dans un triangle rectangle.
Fonctions cosinus et sinus : parité et périodicité
Les fonctions cos et sin sont définies sur R, à valeurs dans [−1;1], et 2π-périodiques : cos(x+2π)=cosx, sin(x+2π)=sinx. La fonction cos est paire (cos(−x)=cosx, courbe symétrique par rapport à l'axe des ordonnées) ; la fonction sin est impaire (sin(−x)=−sinx, courbe symétrique par rapport à l'origine). Leurs courbes représentatives sont des sinusoïdes, et cos(x)=sin(x+2π) pour tout réel x.
Dérivées de sinus et cosinus (notion de Terminale)
Propriété (admise).sin et cos sont dérivables sur R, avec sin′(x)=cos(x) et cos′(x)=−sin(x).
Exemple. Pour f(x)=sin(2x), en posant u(x)=2x (donc u′(x)=2) : f′(x)=u′(x)cos(u(x))=2cos(2x).
Primitives et équations différentielles (notions de Terminale)
Primitive d'une fonction continue
Soit f continue sur un intervalle I. On dit qu'une fonction F, dérivable sur I, est une primitive de f sur I si F′(x)=f(x) pour tout x∈I. Toute fonction continue sur un intervalle admet des primitives (théorème admis, démontré dans le chapitre sur le calcul intégral).
Exemple.F(x)=x3 est une primitive de f(x)=3x2 sur R, car F′(x)=3x2=f(x).
Propriété. Deux primitives d'une même fonction continue sur un intervalle diffèrent d'une constante : si F est une primitive de f sur I, les primitives de f sur I sont exactement les fonctions x↦F(x)+k, k∈R. Il existe une unique primitive prenant une valeur donnée en un point donné.
Primitives des fonctions de référence.x↦xn (n∈Z, n=−1) a pour primitive x↦n+1xn+1 ; x↦x1 a pour primitive x↦ln∣x∣ ; x↦x1 a pour primitive x↦2x ; les fonctions exp, sin et cos ont pour primitives respectives exp, x↦−cosx et sin.
Équation différentielle
Une équation différentielle est une équation dont l'inconnue est une fonction. L'équation y′=f (avec f continue sur I), d'inconnue une fonction y dérivable sur I, revient à chercher les primitives de f.
Théorème. Les solutions sur R de l'équation différentielle y′=ay (a réel) sont les fonctions x↦Ceax, C∈R. Pour l'équation y′=ay+b (avec a=0), les solutions sont les fonctions x↦Ceax−ab, C∈R (on ajoute à la solution générale de l'équation homogène y′=ay la solution particulière constante −ab).
Exemple. Les solutions de y′=−2y+6 sont les fonctions x↦Ce−2x+3 (C∈R), car la solution constante particulière vaut k=−−26=3.
Calcul intégral (notion de Terminale)
Intégrale d'une fonction continue positive
Soit f continue et positive sur [a;b]. On appelle unité d'aire (u.a.) l'aire du rectangle construit à partir des points O, I, J d'un repère orthogonal. L'intégrale de f sur [a;b], notée ∫abf(x)dx, est la mesure en unités d'aire de l'aire du domaine sous la courbe de f (entre la courbe, l'axe des abscisses et les droites x=a, x=b). La variable x y est muette : ∫abf(x)dx=∫abf(t)dt.
Lien primitive/intégrale
Théorème (fondamental). Si f est continue et positive sur [a;b], la fonction Fa(x)=∫axf(t)dt est la primitive de f qui s'annule en a.
Conséquence. Pour F une primitive quelconque de f continue sur I, et a,b∈I :
∫abf(x)dx=[F(x)]ab=F(b)−F(a)
Exemple.∫01(2x+3)dx=[x2+3x]01=4−0=4.
Cette relation permet de définir∫abf(x)dx même si f n'est pas positive ; si f change de signe sur [a;b], on parle d'aire algébrique (l'intégrale est alors la somme des aires, positives au-dessus de l'axe, négatives en dessous).
Propriétés
Pour f,g continues sur I, α,β réels, a,b,c∈I :
Relation de Chasles : ∫abf(x)dx+∫bcf(x)dx=∫acf(x)dx.