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Baccalauréat — Antilles-Guyane J2 — 2026 — Mathématiques

Bac Maths 2026 — Antilles-Guyane — Sujet 2

Sujet

Sujet officiel du baccalauréat général, épreuve d'enseignement de spécialité mathématiques, session des Antilles-Guyane (sujet 2, jour 2), 17 juin 2026. Durée 4 heures, calculatrice autorisée. 4 exercices indépendants, 20 points au total.

Exercice 1 — Transmission d'un message le long d'une chaîne de relais (6 points)

Les trois parties de cet exercice peuvent être traitées indépendamment les unes des autres.

Un réseau de communication est formé d'une succession de relais — satellites, antennes, opérateurs — qui se transmettent les messages de proche en proche. À chaque passage d'un relais au suivant, des erreurs peuvent apparaître.

Une étude statistique conduit à retenir, pour chaque relais, les deux règles suivantes :

  • un message reçu sans erreur est retransmis sans erreur au relais suivant avec une probabilité de 0,940{,}94 ;
  • un message reçu avec des erreurs voit celles-ci corrigées, et est donc retransmis sans erreur, avec une probabilité de 0,350{,}35.

On prélève au hasard un message parmi ceux envoyés au cours d'une journée. Pour un évènement EE quelconque, E‾\overline{E} désigne son évènement contraire et P(E)P(E) sa probabilité.

Partie A

On considère les deux évènements suivants :

  • A1A_1 : « le message reçu par le premier relais ne comporte pas d'erreur » ;
  • A2A_2 : « le message reçu par le deuxième relais ne comporte pas d'erreur ».

On admet que P(A1)=0,96P(A_1) = 0{,}96.

L'énoncé fournit un arbre pondéré à compléter. Sa racine se sépare en deux branches menant à A1A_1 et à A1‾\overline{A_1} ; chacun de ces deux nœuds se sépare à son tour en deux branches menant à A2A_2 et à A2‾\overline{A_2}. Les six probabilités portées par les branches sont laissées en pointillés.

1. Reproduire cet arbre pondéré et le compléter.

2. Établir que P(A2)=0,9164P(A_2) = 0{,}9164.

3. Calculer PA2(A1‾)P_{A_2}\left(\overline{A_1}\right), arrondi à 10−410^{-4}, puis interpréter ce nombre dans le contexte de l'exercice.

Partie B

Afin de contrôler le bon fonctionnement d'un relais, on lui fait subir des tests indépendants les uns des autres. Un test est déclaré positif dès qu'il détecte au moins une erreur. On admet qu'un test est positif avec une probabilité de 0,040{,}04.

On prélève au hasard un échantillon de 5050 tests effectués sur ce relais. Le nombre total de tests réalisés est assez grand pour que ce prélèvement soit assimilé à un tirage avec remise.

1. On note XX la variable aléatoire qui, à un échantillon de 5050 tests, associe le nombre de tests positifs qu'il contient. La variable aléatoire XX suit donc la loi binomiale de paramètres n=50n = 50 et p=0,04p = 0{,}04.

a. Déterminer la probabilité que l'échantillon contienne exactement 44 tests positifs. On arrondira à 10−210^{-2}.

b. Donner la probabilité que l'échantillon contienne au moins un test positif. On arrondira à 10−210^{-2}.

c. Calculer l'espérance et la variance de XX.

2. On s'intéresse maintenant à une chaîne de transmission formée de 2525 relais. Pour le relais numéro 11, on note X1X_1 la variable aléatoire qui, à un échantillon de 5050 tests, associe le nombre de tests positifs ; on définit de même X2X_2 pour le relais 22, et ainsi de suite jusqu'à X25X_{25} pour le relais 2525.

On admet que ces 2525 variables aléatoires sont indépendantes, qu'elles ont toutes pour espérance 22 et toutes pour variance 1,921{,}92.

On note MM la variable aléatoire donnant le nombre moyen de tests positifs relevés sur les 2525 relais, c'est-à-dire

M=X1+X2+⋯+X2525.M = \dfrac{X_1 + X_2 + \cdots + X_{25}}{25}.

a. Vérifier que E(M)=2\mathrm{E}(M) = 2, puis établir que V(M)=0,0768\mathrm{V}(M) = 0{,}0768.

b. À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, montrer que la probabilité que ce nombre moyen de tests positifs soit strictement inférieur à 77 dépasse 0,990{,}99.

Indication : on pourra utiliser sans justification l'égalité P(M<7)=P(−3<M<7)P(M \lt 7) = P(-3 \lt M \lt 7).

Partie C

Soit nn un entier naturel non nul. On considère cette fois une chaîne de transmission formée de nn relais, et l'évènement AnA_n : « le message reçu par le nn-ième relais ne comporte pas d'erreur ».

On pose pn=P(An)p_n = P(A_n), de sorte que p1=0,96p_1 = 0{,}96. On admet que, pour tout entier naturel n⩾1n \geqslant 1,

pn+1=0,59 pn+0,35.p_{n+1} = 0{,}59\,p_n + 0{,}35.

1. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel n⩾1n \geqslant 1, pn+1⩽pnp_{n+1} \leqslant p_n.

2. Démontrer que la suite (pn)(p_n) converge.

3. Déterminer la valeur exacte de sa limite.

Exercice 2 — Un module d'escalade en forme de tétraèdre (5 points)

Une salle d'escalade fait fabriquer un nouveau module, destiné à être posé au sol et à créer des plans inclinés. Ce module a la forme d'un tétraèdre.

L'espace est muni d'un repère orthonormé d'origine A\mathrm{A}, noté (A ;ı⃗,ȷ⃗,k⃗)\left(\mathrm{A}\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right). L'unité de longueur est le mètre.

On considère les trois points

B(92 ;0 ;0),C(94 ;3 ;0),D(32 ;1 ;3),\mathrm{B}\left(\dfrac{9}{2}\,;0\,;0\right), \qquad \mathrm{C}\left(\dfrac{9}{4}\,;3\,;0\right), \qquad \mathrm{D}\left(\dfrac{3}{2}\,;1\,;3\right),

et l'on modélise le module par le tétraèdre ABCD\mathrm{ABCD}. L'énoncé en donne une représentation en perspective : la face ABC\mathrm{ABC} repose sur le plan horizontal, le sommet D\mathrm{D} est au-dessus, le point H\mathrm{H} se projette sous D\mathrm{D} dans le plan de base, et une droite Δ\Delta traverse le solide pour rejoindre le plan de base en un point L\mathrm{L} situé à l'extérieur du triangle ABC\mathrm{ABC}. Toutes les informations nécessaires aux calculs figurent dans les coordonnées ci-dessus et dans les questions.

On souhaite analyser ce module, pour des raisons de fabrication et de sécurité.

Partie A

1. L'énoncé représente le triangle ABC\mathrm{ABC} ainsi que la hauteur issue de C\mathrm{C}, qui coupe le côté [AB][\mathrm{AB}] perpendiculairement.

a. Démontrer que le triangle ABC\mathrm{ABC} est isocèle en C\mathrm{C}.

b. Démontrer que l'aire du triangle ABC\mathrm{ABC} vaut 6,756{,}75 m².

2. a. Vérifier qu'une équation cartésienne du plan (ABC)(\mathrm{ABC}) est z=0z = 0.

b. Démontrer que le point H(32 ;1 ;0)\mathrm{H}\left(\dfrac{3}{2}\,;1\,;0\right) est le projeté orthogonal du point D\mathrm{D} sur le plan (ABC)(\mathrm{ABC}).

3. On rappelle que le volume V\mathcal{V} d'un tétraèdre est donné par V=13×B×h\mathcal{V} = \dfrac{1}{3}\times\mathcal{B}\times h, où B\mathcal{B} désigne l'aire d'une base et hh la hauteur relative à cette base. En déduire le volume du module.

Partie B

1. On considère le vecteur n⃗\vec{n} de coordonnées (4 ;3 ;3)(4\,;3\,;3).

a. Démontrer que n⃗\vec{n} est un vecteur normal au plan (BCD)(\mathrm{BCD}).

b. En déduire qu'une équation cartésienne du plan (BCD)(\mathrm{BCD}) est

4x+3y+3z−18=0.4x + 3y + 3z - 18 = 0.

c. Donner une représentation paramétrique de la droite Δ\Delta orthogonale au plan (BCD)(\mathrm{BCD}) et passant par D\mathrm{D}.

2. On admet que la droite Δ\Delta et le plan (ABC)(\mathrm{ABC}) sont sécants et on note L\mathrm{L} leur point d'intersection. Démontrer que L\mathrm{L} a pour coordonnées (−52 ;−2 ;0)\left(-\dfrac{5}{2}\,;-2\,;0\right).

3. Le module est jugé adapté aux débutants lorsque l'angle LDH^\widehat{\mathrm{LDH}} est strictement inférieur à 6060°. Démontrer que ce module est adapté aux débutants.

Exercice 3 — Vrai ou faux (4 points)

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse, et justifier la réponse. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

1. Le plan est rapporté à un repère orthonormé.

a. On considère l'équation différentielle

(E1) :y′+2y=0,(E_1)\ : \quad y' + 2y = 0,

où yy désigne une fonction de la variable xx définie sur R\mathbb{R}. On note ff la solution de (E1)(E_1) vérifiant f(0)=1f(0) = 1.

Affirmation 1 : la courbe représentative de ff passe par le point A\mathrm{A} de coordonnées (ln⁡2 ;12)\left(\ln 2\,;\dfrac{1}{2}\right).

b. On considère la fonction ff définie sur [π2 ;π]\left[\dfrac{\pi}{2}\,;\pi\right] par

f(x)=x−cos⁡(x).f(x) = x - \cos(x).

Affirmation 2 : sur l'intervalle [π2 ;π]\left[\dfrac{\pi}{2}\,;\pi\right], la courbe représentative de ff est située au-dessus de chacune de ses tangentes.

c. On considère la fonction ff définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par

f(x)=1+sin⁡(x)x.f(x) = 1 + \dfrac{\sin(x)}{x}.

Affirmation 3 : la droite d'équation y=1y = 1 est asymptote horizontale à la courbe représentative de ff.

2. On considère l'équation différentielle

(E2) :y′−3y=2−6x,(E_2)\ : \quad y' - 3y = 2 - 6x,

où yy désigne une fonction de la variable xx définie sur R\mathbb{R}.

Affirmation 4 : la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=2x−e3xf(x) = 2x - \mathrm{e}^{3x} est une solution de (E2)(E_2).

Exercice 4 — Une famille de fonctions (5 points)

Soit kk un réel strictement positif. On considère la fonction fkf_k définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par

fk(x)=1−x+k(1+ln⁡x)x,f_k(x) = 1 - x + \dfrac{k(1 + \ln x)}{x},

où ln⁡\ln désigne la fonction logarithme népérien. On note Ck\mathcal{C}_k sa courbe représentative dans un repère orthonormé.

On admet que fkf_k est deux fois dérivable sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ ; on note fk′f_k' sa dérivée et fk′′f_k'' sa dérivée seconde.

Partie A : étude d'un premier cas particulier

Dans cette partie, k=2k = 2. La courbe C2\mathcal{C}_2 est représentée ci-dessous. Le point A\mathrm{A} en est un point d'inflexion, et T2T_2 désigne la tangente à C2\mathcal{C}_2 en A\mathrm{A}.

Courbe représentative de la fonction f₂ — déplacez le point pour placer la tangente T₂ au point d'inflexion A

Point d'abscisse a = 1.65 — glissez le point orange le long de la courbe — f'(a) ≈ -1.37

1. Soit F2F_2 une primitive de f2f_2 sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. Avec la précision que permet le graphique, donner les variations de F2F_2 sur l'intervalle ]0 ;3]]0\,;3].

2. Parmi les trois courbes décrites ci-dessous, indiquer celle qui représente f2′f_2' et celle qui représente f2′′f_2''. Justifier.

Les trois courbes sont tracées dans une même fenêtre, dont l'axe des abscisses va de −0,3-0{,}3 à 3,63{,}6 et l'axe des ordonnées de −1,6-1{,}6 à 2,42{,}4.

  • Courbe 1 — tracée pour xx allant de 0,50{,}5 à 3,63{,}6. Elle entre dans la fenêtre par le haut, descend rapidement, coupe l'axe des abscisses un peu avant x=0,8x = 0{,}8, atteint un minimum d'ordonnée voisine de −1,4-1{,}4 pour xx proche de 1,61{,}6, puis remonte lentement en restant au-dessous de la droite d'équation y=−1y = -1, dont elle se rapproche.
  • Courbe 2 — tracée pour xx allant de 0,90{,}9 à 3,63{,}6. Elle entre dans la fenêtre par le bas, monte très vite, coupe l'axe des abscisses aux alentours de x=1,65x = 1{,}65, puis reste juste au-dessus de cet axe : elle atteint un maximum très peu marqué, d'ordonnée voisine de 0,10{,}1, avant de redescendre lentement vers l'axe.
  • Courbe 3 — tracée pour xx allant de 0,50{,}5 à 3,63{,}6. Elle part du bas de la fenêtre, à l'ordonnée −1,6-1{,}6, croît régulièrement, coupe l'axe des abscisses vers x=2,5x = 2{,}5 et poursuit sa montée jusqu'à l'ordonnée 0,350{,}35 environ à l'extrémité droite de la fenêtre.

Partie B : étude d'un second cas particulier

Dans cette partie, k=1k = 1. La fonction f1f_1 est donc définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par

f1(x)=1−x+1+ln⁡xx.f_1(x) = 1 - x + \dfrac{1 + \ln x}{x}.

1. a. Démontrer que, pour tout réel x>0x \gt 0,

f1′(x)=−1−ln⁡xx2.f_1'(x) = -1 - \dfrac{\ln x}{x^2}.

b. Déterminer la limite de f1′(x)f_1'(x) lorsque xx tend vers +∞+\infty.

2. On admet les deux résultats suivants :

  • l'axe des ordonnées est asymptote à la courbe représentative de f1′f_1' ;
  • pour tout réel x>0x \gt 0, f1′′(x)=2ln⁡x−1x3f_1''(x) = \dfrac{2\ln x - 1}{x^3}.

Le tableau de variations de f1′f_1' sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ est le suivant.

xx00e1/2\mathrm{e}^{1/2}+∞+\infty
variations de f1′f_1'+∞+\inftydécroissante−1−12e-1 - \dfrac{1}{2\mathrm{e}}croissante−1-1

a. Justifier les variations de f1′f_1' sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ ainsi que la valeur de son extremum.

b. Justifier la limite de f1′f_1' en 00.

c. Démontrer que l'équation f1′(x)=0f_1'(x) = 0 admet une unique solution α\alpha sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. En déduire que f1f_1 admet un maximum sur cet intervalle.

d. Recopier et compléter les pointillés du programme Python ci-dessous pour qu'il renvoie une valeur approchée à 10−210^{-2} près de la solution α\alpha.

def d(x) :
    return -1-ln(x)/x**2
 
def alpha() :
    u = 0.5
    while d(u) ... 0 :
        u = ...
    return u

On rappelle que x**2 désigne x2x^2.

Partie C : cas général

On considère la fonction hh définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par h(x)=1+ln⁡xxh(x) = \dfrac{1 + \ln x}{x}, ainsi que la fonction HH définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par H(x)=12(1+ln⁡x)2H(x) = \dfrac{1}{2}(1 + \ln x)^2. On admet que HH est dérivable sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.

1. Démontrer que HH est une primitive de hh sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.

On rappelle que kk est un réel strictement positif et que fkf_k est définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par fk(x)=1−x+k(1+ln⁡x)xf_k(x) = 1 - x + \dfrac{k(1 + \ln x)}{x}.

2. Existe-t-il une valeur de kk pour laquelle la valeur moyenne de fkf_k sur l'intervalle [1 ;e][1\,;\mathrm{e}] est nulle ? Justifier.

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Sujet officiel du baccalauréat. Transcription LaTeX APMEP (apmep.fr), sous licence CC BY-SA. Corrigé rédigé pour ce site.