Baccalauréat — Antilles-Guyane J1 — 2026 — Mathématiques
Bac Maths 2026 — Antilles-Guyane — Sujet 1
Sujet
Sujet officiel du baccalauréat général, épreuve d'enseignement de spécialité mathématiques, session des Antilles-Guyane (sujet 1, jour 1), 16 juin 2026. Durée 4 heures, calculatrice autorisée. 4 exercices indépendants, 20 points au total.
Exercice 1 — Contrôle des réacteurs et production journalière (4 points)
Partie A
L'agence de sûreté nucléaire ASNR contrôle les installations des centrales nucléaires afin de garantir leur sécurité et leur conformité. La fréquence des contrôles dépend de l'état du réacteur.
On admet la répartition suivante dans le parc nucléaire français :
- 20 % des réacteurs sont en arrêt pour maintenance ;
- 5 % des réacteurs fonctionnent au ralenti ;
- tous les autres réacteurs du parc sont en état de fonctionnement normal.
On admet de plus que, parmi les réacteurs à l'arrêt, 85 % sont contrôlés, et que, parmi les réacteurs fonctionnant au ralenti, 60 % sont contrôlés.
On choisit au hasard un réacteur du parc nucléaire français et on note :
- l'évènement « Le réacteur est en arrêt » ;
- l'évènement « Le réacteur fonctionne au ralenti » ;
- l'évènement « Le réacteur fonctionne normalement » ;
- l'évènement « Le réacteur subit un contrôle ».
Pour un évènement quelconque , on désigne par son évènement contraire et par sa probabilité.
On note la probabilité que le réacteur subisse un contrôle sachant qu'il fonctionne normalement, c'est-à-dire .
Le sujet accompagne cette partie d'un arbre pondéré à deux niveaux, dont toutes les probabilités sont remplacées par des pointillés à l'exception d'une seule : de la racine partent les trois branches menant à , et ; de chacun de ces trois nœuds partent les deux branches menant à et à ; la seule probabilité inscrite est , portée par la branche qui va de à .
- Reproduire cet arbre pondéré en remplaçant les pointillés par les probabilités que l'on peut déduire des données de l'énoncé.
- Calculer la probabilité que le réacteur soit en arrêt et qu'il subisse un contrôle.
On sait de plus que la probabilité qu'un réacteur du parc nucléaire soit contrôlé est égale à .
- Montrer que la probabilité est égale à .
- Le réacteur choisi subit un contrôle. Déterminer la probabilité qu'il fonctionne normalement.
Partie B
Dans le Sud de la France, on compte 12 réacteurs nucléaires, numérotés de 1 à 12.
La production journalière d'un réacteur est de 16 GWh (gigawattheures) lorsqu'il fonctionne normalement, elle est réduite à 10 GWh lorsqu'il fonctionne au ralenti, et elle est nulle lorsque le réacteur est à l'arrêt.
On rappelle que , et .
-
On désigne par la variable aléatoire qui modélise la production journalière, en GWh, d'un réacteur.
a. Reproduire et compléter le tableau ci-dessous, qui donne la loi de probabilité de la variable aléatoire . On note les valeurs prises par et les probabilités .
b. Montrer que l'espérance de la variable aléatoire est égale à et que sa variance est égale à .
-
Pour tout entier naturel compris entre 1 et 12, on note la variable aléatoire qui modélise la production journalière, en GWh, du -ième réacteur. Ainsi, par exemple, modélise la production journalière du deuxième réacteur.
On suppose que les variables suivent toutes la même loi de probabilité que et qu'elles sont indépendantes.
On considère la variable aléatoire qui donne la production totale journalière des 12 réacteurs : . On note son espérance et sa variance.
a. Montrer que et .
b. Afin d'éviter le risque de surcharge du réseau et de couvrir l'ensemble des besoins en électricité, la production totale journalière des 12 réacteurs doit être comprise strictement entre 100 GWh et 200 GWh.
Peut-on affirmer que la probabilité d'éviter le risque de surcharge et de couvrir l'ensemble des besoins en électricité est supérieure à ? Justifier.
Exercice 2 — Quantité de médicament présente dans le sang (6 points)
Un médicament est administré à un patient par voie intraveineuse.
La notice du médicament indique que :
- le traitement doit durer au moins 7 h ;
- lorsque la quantité de médicament présente dans le sang, en mg, est supérieure ou égale à 3 mg, il y a un risque de toxicité.
On s'intéresse à la quantité de médicament présente dans le sang au cours du temps, sachant que le patient reçoit une première dose de 1 mg.
Deux protocoles sont étudiés dans les deux parties suivantes, qui sont indépendantes.
Partie A : étude du premier protocole
Après l'injection de la première dose, une quantité supplémentaire de médicament est administrée régulièrement et de façon continue au patient, mis sous perfusion.
Dans cette partie, on modélise la quantité de médicament présente dans le sang du patient par une fonction définie sur , où désigne la quantité, en mg, de médicament présente dans le sang du patient et représente le temps, en heures, écoulé depuis l'injection initiale. On a ainsi .
On admet que :
- la fonction est dérivable sur , et on note sa fonction dérivée ;
- la fonction est solution sur de l'équation différentielle : , où désigne une fonction de la variable réelle , définie et dérivable sur l'intervalle , et sa fonction dérivée.
- Donner les solutions sur de l'équation différentielle .
- Montrer que pour tout réel appartenant à , .
- Déterminer la limite de la fonction en . Interpréter cette valeur dans le contexte de l'exercice.
- Étudier les variations de la fonction sur .
- Déterminer, en résolvant une inéquation, au bout de combien de temps après l'injection initiale le médicament présente un risque pour le patient. On donnera la valeur exacte, puis une valeur approchée à .
- D'après ce modèle, le protocole présente-t-il un risque pour le patient ? Justifier.
Partie B : étude du second protocole
On injecte au patient une première dose de médicament de 1 mg. On admet que la quantité de médicament présente dans le sang du patient baisse de 30 % toutes les heures. Pour compenser cette baisse, on injecte une dose supplémentaire de 0,75 mg de médicament toutes les heures.
On modélise la situation par une suite où, pour tout entier naturel , représente la quantité, en mg, de médicament présente dans le sang du patient au bout de heures écoulées depuis l'injection initiale.
Sous ces conditions, on a .
-
Justifier que pour tout entier naturel , .
-
a. Montrer par récurrence que pour tout entier naturel , .
b. En déduire que la suite est convergente.
c. Déterminer la limite de la suite .
d. D'après ce modèle, le traitement présente-t-il un risque pour le patient ? Justifier.
-
On considère la suite définie, pour tout entier naturel , par .
a. Montrer que est une suite géométrique dont on précisera la raison et le terme initial.
b. Montrer que pour tout entier naturel , .
-
D'après ce modèle, au bout de combien d'injections supplémentaires la quantité de médicament présente dans le sang de ce patient dépasse-t-elle 2,4 mg ?
Exercice 3 — Vrai ou faux : géométrie dans l'espace (4 points)
Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Justifier la réponse donnée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.
L'espace est muni d'un repère orthonormé .
On considère :
- les points , , et ;
- la droite dont une représentation paramétrique est
- le plan dont une équation cartésienne est .
On admet que les points , et ne sont pas alignés.
Affirmation 1. Le vecteur est un vecteur normal au plan .
Affirmation 2. Les droites et sont sécantes.
Affirmation 3. La droite est parallèle au plan .
Affirmation 4. Le projeté orthogonal de sur le plan est le point de coordonnées .
Exercice 4 — Étude d'une fonction avec logarithme (6 points)
Partie A : lecture graphique
On considère une fonction définie et deux fois dérivable sur l'intervalle . On note sa fonction dérivée et sa fonction dérivée seconde.
On a tracé, dans un repère orthogonal, la courbe représentative de , notée , ainsi que la tangente à au point . On précise que passe par le point .
Le tracé occupe une fenêtre allant d'environ à en abscisse et de à en ordonnée, avec un quadrillage de pas sur les deux axes. On y lit que :
- la courbe n'existe que pour ; elle descend très bas lorsque se rapproche de , coupe l'axe des abscisses au point , puis croît régulièrement (elle dépasse l'ordonnée au voisinage de ) ;
- la tangente , tracée en pointillés, touche au point et passe par le point ;
- de part et d'autre de , la courbe et sa tangente échangent leurs positions : pour la courbe est au-dessous de , et pour elle est au-dessus de .
On répondra aux questions suivantes en les justifiant à l'aide du graphique.
- Déterminer .
- La fonction est-elle concave sur ?
- Déterminer .
Partie B : étude de fonction
On admet que la fonction représentée graphiquement dans la partie A est définie sur l'intervalle par
où désigne la fonction logarithme népérien.
On rappelle que :
- la fonction est deux fois dérivable sur , que désigne sa fonction dérivée et sa fonction dérivée seconde ;
- désigne la courbe représentative de sur .
- Déterminer, en justifiant, la limite de la fonction en . En déduire une interprétation graphique.
- Résoudre l'équation sur l'intervalle .
- On admet que pour tout réel appartenant à l'intervalle :
a. Montrer que pour tout réel appartenant à l'intervalle :
b. Montrer que admet un unique point d'inflexion et que ce point est l'intersection de avec l'axe des abscisses. 4. a. Montrer que la fonction est positive sur l'intervalle .
b. On admet que pour tout appartenant à l'intervalle :
Montrer que
c. On note l'aire du domaine délimité par la courbe , l'axe des abscisses et les droites d'équation et .
En vous aidant d'une intégration par parties, déterminer la valeur exacte de l'aire en unité d'aire.
Partie C : généralisation
On désigne par un réel strictement positif et par la fonction définie sur l'intervalle par
On admet que est deux fois dérivable sur l'intervalle . On note sa fonction dérivée, sa fonction dérivée seconde, et sa représentation graphique.
On admet que pour tout appartenant à l'intervalle :
- Montrer que pour tout réel strictement positif, la courbe admet un unique point d'inflexion .
- Montrer que les points sont alignés, appartenant à l'intervalle .
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